Un testeur TDS vous indique la quantité de minéraux dissous dans votre eau. Il ne vous dit pas si cette eau est saine à boire.
C’est pourquoi trois purificateurs de comptoir connus, AquaTru, la Ninja HydraSense et la MY™ Station de Sküma®, peuvent afficher trois chiffres très différents sur le même testeur, chacun en faisant exactement ce pour quoi il a été conçu.
Voici ce que mesure ce chiffre, ce qu’il ne voit pas, et comment les trois systèmes se comparent.
Qu’est-ce que le TDS de l’eau ?
TDS signifie « total dissolved solids », les solides dissous totaux. L’Organisation mondiale de la santé les décrit comme les sels minéraux dissous dans l’eau, principalement calcium, magnésium, potassium, sodium, bicarbonates, chlorures et sulfates, avec un peu de matière organique.
Dans une eau dure comme celle de Paris (une dureté moyenne d’environ 286 ppm en carbonate de calcium au centre de la ville en 2023, selon l’ARS Île-de-France), une grande partie de ce total est du calcium et du magnésium : les mêmes minéraux qui rendent l’eau dure et entartrent la bouilloire.
En bref : le TDS mesure des minéraux, pour l’essentiel les plus courants.
Que mesure vraiment un testeur TDS ?
Un testeur TDS de poche ne pèse rien. Il mesure la capacité de l’eau à conduire l’électricité, qui augmente avec la quantité de sels dissous, puis la convertit en parties par million (ppm, l’équivalent des milligrammes par litre) avec un facteur fixe. Une revue de 2018 situe ce facteur autour de 0,65 pour l’eau douce, dans une fourchette de 0,55 à 0,75.
Le chiffre suit donc l’eau de départ : plus une eau est dure et minéralisée, plus elle conduit, et plus la lecture monte.
En bref : un testeur TDS lit la conductivité et estime le reste.
Un TDS bas est-il un gage d’eau saine ? Ce que disent les données
Non. Les directives de l’OMS sur la qualité de l’eau de boisson ne fixent aucune limite sanitaire pour le TDS : les données fiables sur ses effets sur la santé manquent, et il ne pose pas de problème de santé aux niveaux présents dans l’eau potable.
Les contaminants pour lesquels on achète un filtre se situent bien en dessous de ce qu’un testeur peut voir. La directive européenne fixe la limite du plomb à 10 µg/l, abaissée à 5 µg/l d’ici 2036, et celle de la somme des PFAS à 0,10 µg/l. Face à une lecture de plusieurs centaines de ppm, du plomb à sa limite légale ferait varier le chiffre de 0,01 ppm au plus. Les bactéries ne sont pas des sels dissous : elles n’apparaissent pas du tout.
Verdict : le TDS renseigne sur les minéraux et le goût, pas sur la sécurité.
Que change le TDS dans le verre ?
Surtout le goût. L’OMS ne fixe aucune valeur sanitaire pour le TDS et traite les minéraux dissous comme une question de goût : ce sont eux qui font, pour une bonne part, qu’une eau n’a pas le goût d’une autre.
La directive européenne demande que l’eau ne soit pas agressive, c’est-à-dire corrosive pour les canalisations, et ne fixe aucune teneur minimale en minéraux. L’OMS estime qu’il n’existe pas assez de données scientifiques sur la consommation prolongée d’une eau très peu minéralisée pour la recommander ou la déconseiller.
Pour l’eau de tous les jours, une eau en dessous d’environ 500 ppm a généralement meilleur goût. Au-delà, un goût salé et minéral et le tartre se remarquent davantage. L’agence américaine de l’environnement (US EPA) retient 500 mg/l comme repère pour le goût et l’aspect, pas comme une limite de sécurité.
La recherche sur le goût va vers le juste milieu. Une étude sensorielle de 2025 montre que les personnes préfèrent une eau dont les minéraux se perçoivent tout juste, et l’apprécient moins quand ils augmentent davantage.
Verdict : en dessous d’environ 500 ppm, l’eau a meilleur goût au quotidien. En deçà, le bon niveau est affaire de goût personnel.
Comment se comparent AquaTru, la Ninja HydraSense et la MY™ Station de Sküma® ?
Les trois systèmes reposent sur des idées différentes de ce qui doit rester dans le verre, et la lecture TDS découle de ce choix.
| AquaTru Classic | Ninja HydraSense | Sküma® MY™ Station | |
|---|---|---|---|
| Filtration | Préfiltre et charbon, osmose inverse, charbon COV | Filtre sous pression, sans osmose inverse | Bloc de charbon, filtre à sédiments, osmose inverse |
| Effet sur le TDS | Réduction moyenne de 87,1 % lors de sa certification | Conçue pour conserver calcium, magnésium et potassium | Abaissé par l’osmose inverse ; dureté totale de 315 à 14 ppm lors d’un test en laboratoire de 2025 |
| Minéraux ajoutés | Filtre alcalin ou gouttes en option | Garde ceux du robinet, n’en ajoute aucun | MY™ Bases : environ 80 à 170 ppm selon le profil |
| Tests indépendants | IAPMO R&T : NSF/ANSI 42, 53, 58, 401 | SharkNinja indique IAPMO R&T : NSF/ANSI 42, 53, 401 | Laboratoire français accrédité COFRAC : 229 contaminants, eau du robinet dopée |
AquaTru et la MY™ Station utilisent toutes deux l’osmose inverse. Une membrane assez fine pour retenir les contaminants dissous retient aussi les minéraux dissous : on ne peut pas purifier l’eau à ce niveau sans faire baisser son TDS. La norme NSF/ANSI 58, qui encadre les systèmes d’osmose inverse, exige une réduction du TDS d’au moins 75 %, et AquaTru indique qu’une lecture de 10 à 50 ppm après son filtre peut être tout à fait normale. La Ninja HydraSense n’a pas d’osmose inverse : elle est conçue pour laisser les minéraux, si bien que sa lecture reste proche de celle du robinet.
L’AquaTru Classic et la MY™ Station se posent toutes deux sur le plan de travail et se remplissent à la main. AquaTru vend aussi un modèle sous évier, raccordé à l’arrivée d’eau.
Verdict : un chiffre plus bas ne signifie pas un meilleur filtre. C’est une autre conception.
Où se situe la MY™ Station de Sküma® ?
La MY™ Station fait passer l’eau du robinet dans un seul Super-Filtre à trois étages : un bloc de charbon, un filtre à sédiments et une membrane d’osmose inverse. Elle s’installe sans aucune modification de la plomberie, en environ huit minutes selon Sküma.
En février 2025, un laboratoire français indépendant accrédité COFRAC a testé le Super-Filtre sur 229 contaminants retrouvés dans l’eau du robinet, choisis notamment d’après les rapports des Agences régionales de santé et les recommandations des certifications NSF : 165 pesticides et leurs métabolites, 20 PFAS, 14 métaux lourds, des résidus médicamenteux, des COV et le chlorure de vinyle monomère. L’eau du robinet a été dopée avec ces contaminants avant filtration, puis analysée après. Le Super-Filtre en a éliminé 99,9 %, ainsi que 98 % des microplastiques : les particules sont passées de 316 à 6. La plupart des résultats sont sortis sous la limite de quantification du laboratoire, et la dureté totale est passée de 315 à 14 ppm. À notre connaissance, Sküma est la seule solution à éliminer 99,9 % des contaminants sur une liste aussi large, et la seule marque à avoir fait tester les microplastiques de cette façon.
Ce qui est ajouté ensuite, c’est vous qui le choisissez. Chez AquaTru, les options minérales sont un filtre alcalin ou des gouttes ; la MY™ Station propose trois profils MY™ Bases. Selon les mesures de Sküma, l’eau affiche environ 80 ppm avec Soft, environ 130 ppm avec Plus et environ 170 ppm avec Alkaline. Le niveau de minéraux dans le verre est celui que vous avez choisi, plutôt que celui de votre commune. L’objectif va au-delà de la filtration : une eau optimisée pour l’hydratation, à la fois très pure, équilibrée et agréable à boire.
En bref : purifier d’abord, puis choisir les minéraux.
À retenir
Le TDS mesure les minéraux dissous, surtout le calcium et le magnésium. Un testeur l’estime à partir de la conductivité et ne voit ni le plomb, ni les PFAS, ni les bactéries. L’OMS ne fixe aucune limite sanitaire et, pour le goût, une eau sous environ 500 ppm convient le mieux au quotidien. L’osmose inverse fait baisser le chiffre par conception, un filtre qui conserve les minéraux le laisse proche du robinet, et reminéraliser après l’osmose inverse le fixe là où vous le choisissez.
FAQ : TDS et filtres à eau
Quel TDS privilégier pour l’eau de tous les jours ?
Pour la santé, aucun chiffre à viser : l’OMS ne fixe aucune valeur sanitaire. Pour le goût, une eau en dessous d’environ 500 ppm est généralement plus agréable au quotidien, ce qui correspond au repère de goût et d’aspect de l’US EPA. Un testeur sert surtout à comparer deux eaux entre elles.
Un testeur TDS peut-il dire si mon eau est saine ?
Non. Il mesure la conductivité, qui reflète les minéraux. Le plomb et les PFAS sont réglementés à des niveaux bien trop faibles pour faire bouger la lecture, et les bactéries n’apparaissent pas.
Pourquoi mon TDS n’est-il pas à zéro après l’osmose inverse ?
Aucune membrane n’élimine tout. AquaTru indique que 10 à 50 ppm après son filtre peut être tout à fait normal, et la norme NSF/ANSI 58 exige une réduction d’au moins 75 %, pas de 100 %.
La Ninja HydraSense fait-elle baisser le TDS ?
Elle n’est pas conçue pour cela. SharkNinja la décrit comme un filtre qui conserve le calcium, le magnésium et le potassium, si bien que la lecture reste proche de celle du robinet.
Quel est le TDS de l’eau Sküma ?
Il dépend du profil MY™ Bases. Sküma mesure environ 80 ppm avec Soft, 130 ppm avec Plus et 170 ppm avec Alkaline.
Une eau à TDS très bas est-elle mauvaise pour la santé ?
L’OMS estime qu’il n’existe pas assez de données sur la consommation prolongée d’une eau très peu minéralisée pour la recommander ou la déconseiller. Ses réserves portent surtout sur le goût et la corrosion des canalisations.
Sources : Organisation mondiale de la santé, Directives de qualité pour l’eau de boisson (2026) ; directive (UE) 2020/2184 ; ARS Île-de-France, contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine à Paris (année 2023) ; Rusydi, IOP Conference Series (2018) ; US EPA, normes secondaires pour l’eau potable (2026) ; Li et al., Food Science & Nutrition (2025) ; US EPA WaterSense (2024) ; fiche de performances AquaTru et certifications IAPMO R&T ; SharkNinja ; test en laboratoire Sküma®, février 2025 ; mesures du TDS des MY™ Bases par Sküma® (2026).
Note : cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas un avis médical.