Le 22 juillet 2026, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (European Food Safety Authority) a réduit de 72% la dose journalière admissible du TFA (acide trifluoroacétique), le plus petit polluant éternel de la famille des PFAS. Selon l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), il est présent dans 92% des échantillons d'eau analysés en France. Face à ce chiffre, une question simple : la réglementation actuelle est-elle vraiment assez protectrice ? On a fait le calcul, poids par poids.
Qu'est-ce que le TFA, exactement
Le TFA, ou acide trifluoroacétique (formule CF3COOH), est un acide perfluorocarboxylique à chaîne ultra-courte, la plus petite molécule de la famille des PFAS selon la définition de l'OCDE. Il ne s'adsorbe pas aux sols, reste extrêmement mobile dans l'environnement et se dissout facilement dans l'eau, ce qui explique sa présence quasi généralisée.
D'où vient-il
Le TFA provient de deux sources principales. D'un côté, la dégradation de plusieurs pesticides fluorés autorisés en Europe : l'EFSA a identifié des substances actives comme le flufénacet, le tritosulfuron, la flurtamone ou le saflufénacil comme précurseurs directs. De l'autre, la dégradation de gaz industriels fluorés utilisés comme réfrigérants (HFC, HCFC) ou gaz propulseurs. Résultat, on le retrouve dans les sols, les nappes phréatiques, les cultures agricoles, et même dans des produits inattendus : une étude de PAN Europe publiée en avril 2025 a mesuré une concentration moyenne de 122 µg/L dans des vins européens récents (récoltes 2021 à 2024), contre une absence totale de trace dans des vins antérieurs à 1988.
Ce que révèle l'ANSES
La campagne nationale menée par l'ANSES entre 2023 et 2025, la plus vaste jamais réalisée en France sur les PFAS, a analysé plus de 600 points de captage représentant environ 20% de l'eau distribuée dans le pays. Résultat : le TFA a été détecté dans 92% des échantillons, avec une concentration moyenne de 1,15 µg/L dans l'eau du robinet et un maximum de 25 µg/L, relevé à proximité d'un site industriel aujourd'hui fermé (l'ancienne usine Solvay de Salindres, dans le Gard). Aucun échantillon ne dépassait le seuil sanitaire indicatif provisoire de 60 µg/L fixé par la Direction générale de la Santé.
Fait important : le TFA ne fait pas partie des 20 PFAS que la directive européenne impose de surveiller officiellement dans l'eau du robinet depuis janvier 2026. L'ANSES l'a inclus par précaution, avec 14 autres substances, dans sa campagne de mesure, en anticipation d'une réglementation encore incomplète.
Ce que change la décision de l'EFSA
Le 22 juillet 2026, l'EFSA a abaissé la dose journalière admissible (DJA) de TFA de 0,05 à 0,014 mg par kilo de poids corporel et par jour, une réduction de 72%. L'agence reste toutefois prudente sur d'autres aspects : elle juge peu probable que le TFA soit génotoxique, mais reconnaît l'absence de données sur sa toxicité à long terme et son potentiel cancérogène, ce qui l'a conduite à appliquer un facteur d'incertitude supplémentaire dans ses calculs. Des études animales récentes ont montré des effets sur la reproduction et sur une hormone thyroïdienne, sans que l'ampleur du risque chez l'humain soit encore établie.
La limite actuelle est-elle vraiment assez basse ?
La dose journalière admissible se lit « par kilogramme de poids corporel et par jour » : c'est une quantité à multiplier par votre propre poids, pas un chiffre fixe pour tout le monde. Pour un adulte de référence de 70 kg (le poids standard utilisé en toxicologie, proche du poids moyen des adultes français, autour de 74 kg), cela donne : 0,014 x 70 = 0,98 mg de TFA par jour, tous apports confondus (eau, alimentation, vin compris).
Si on suppose, par simplification et par excès de prudence, que cette dose provenait uniquement de l'eau bue chaque jour (environ 2 litres en moyenne), cela donnerait une concentration maximale théorique de 490 µg/L (0,98 mg ÷ 2 L). À comparer aux 60 µg/L du seuil sanitaire français actuel, et surtout aux 1,15 µg/L mesurés en moyenne par l'ANSES, ou même aux 25 µg/L relevés au pire des cas.
Autrement dit, le seuil français actuel (60 µg/L) est déjà plus protecteur que ce que la dose journalière admissible imposerait à elle seule pour un adulte de 70 kg. Et les concentrations réellement mesurées dans l'eau du robinet restent, en moyenne, environ 400 fois inférieures à ce plafond théorique. Voici le même calcul selon différents poids corporels :
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Poids corporel |
Dose journalière admissible |
Concentration max. théorique* |
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10 kg (jeune enfant) |
0,14 mg/jour |
70 µg/L |
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30 kg (enfant) |
0,42 mg/jour |
210 µg/L |
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60 kg (adulte) |
0,84 mg/jour |
420 µg/L |
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70 kg (adulte de référence) |
0,98 mg/jour |
490 µg/L |
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80 kg (adulte) |
1,12 mg/jour |
560 µg/L |
*Concentration maximale théorique si l'eau bue (2 L/jour) était l'unique source de TFA, calculée à partir de la dose journalière admissible de l'EFSA.
Même pour un enfant de 10 kg, le plafond théorique (70 µg/L) reste au-dessus du seuil sanitaire français actuel (60 µg/L), et très largement au-dessus des concentrations réellement mesurées par l'ANSES. Un enfant boit en général moins de 2 litres d'eau par jour, ce calcul reste donc une approximation prudente plutôt qu'une mesure exacte de son exposition réelle.
Est-ce que cela signifie qu'il n'y a rien à craindre ? Pas tout à fait. L'EFSA elle-même a appliqué un facteur de précaution supplémentaire dans son calcul, faute de données suffisantes sur la toxicité à long terme du TFA. Le principe de précaution justifie donc de chercher à réduire l'exposition, même quand elle reste, à ce jour, en dessous des seuils. Et il est probable que la réglementation continue d'évoluer vers plus de prudence dans les prochains mois, pas l'inverse.
Pourquoi c'est un polluant si difficile à filtrer
Sa petite taille moléculaire et sa forte solubilité dans l'eau rendent le TFA particulièrement difficile à éliminer par les traitements d'eau classiques, contrairement à des PFAS à chaîne plus longue. C'est un vrai défi technique pour l'ensemble du secteur, pas seulement pour Sküma Water.
Ce que fait la MY™ Station de Sküma Water
Sur la somme des PFAS, la MY™ Station de Sküma Water élimine plus de 99% des 20 substances aujourd'hui réglementées par la directive européenne, un résultat certifié par un laboratoire indépendant accrédité COFRAC.
Nous sommes allés plus loin en testant spécifiquement le TFA, une démarche que nous sommes aujourd'hui les seuls à avoir menée et à pouvoir démontrer par des résultats de laboratoire, en plus des 20 PFAS déjà surveillés par l'ANSES. Sur nos tests, l'eau du robinet contenait 0,9 µg/L de TFA, déjà sous la moyenne nationale mesurée par l'ANSES (1,15 µg/L). En sortie de MY™ Station, cette concentration descend sous 0,35 µg/L, soit un taux d'abattement allant jusqu'à 61%.
Le TFA reste un polluant sous surveillance active, et la réglementation va probablement évoluer dans les prochains mois. Ce qu'on peut affirmer aujourd'hui avec les données disponibles : même sans attendre un nouveau seuil, l'eau filtrée par la MY™ Station affiche des concentrations très largement inférieures aux niveaux mesurés par l'ANSES, avec une marge de sécurité qui reste confortable quelle que soit l'évolution future de la réglementation. Et à ce jour, nous sommes les seuls à éliminer le TFA de manière significative, une molécule notoirement difficile à filtrer.
Questions fréquentes
Le TFA est-il actuellement réglementé dans l'eau potable en France ?
Un seuil sanitaire indicatif provisoire de 60 µg/L existe, fixé par la Direction générale de la Santé, mais le TFA ne fait pas partie des 20 PFAS officiellement surveillés par la directive européenne depuis janvier 2026. Il n'y a pas encore de nouveau seuil consécutif à la décision de l'EFSA du 22 juillet 2026, l'ANSES travaille actuellement sur cette question.
La MY™ Station élimine-t-elle complètement le TFA ?
Pas complètement, une élimination à 100% du TFA n'existe pas encore. En revanche, la MY™ Station réduit sa concentration jusqu'à 61%, ce qui en fait aujourd'hui le seul système capable d'un tel résultat.
Quelle est la concentration de TFA la plus élevée jamais mesurée en France ?
25 µg/L, relevés par l'ANSES à proximité d'un ancien site industriel à Salindres (Gard), aujourd'hui fermé. Cette valeur reste sous le seuil sanitaire indicatif de 60 µg/L.
Où trouve-t-on du TFA en dehors de l'eau ?
Dans les sols, les cultures agricoles, et de façon plus surprenante dans le vin : une étude de 2025 a mesuré des concentrations moyennes de 122 µg/L dans des vins récents.
Sources
EFSA (European Food Safety Authority), avis sur la révision de la dose journalière admissible du TFA, 22 juillet 2026
ANSES, campagne nationale de mesure des PFAS dans l'eau destinée à la consommation humaine, décembre 2025
PAN Europe, étude sur la présence de TFA dans les vins européens, avril 2025
Directive européenne 2020/2184 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine
Rapport d'analyse indépendant, laboratoire accrédité COFRAC, MY™ Station, Sküma Water
Note : il n'existe pas, à la date de publication, de nouveau seuil réglementaire de concentration en TFA dans l'eau potable consécutif à la décision de l'EFSA. Les calculs présentés dans cet article sont des estimations théoriques prudentes (eau supposée comme unique source d'exposition), pas une mesure de l'exposition réelle, qui dépend aussi de l'alimentation et d'autres sources.